
1897 – LA COURSE AU CHEMIN DE FER
L’année où tout commence. Une concession est accordée par les Chambres fédérales pour le projet de construction d’une ligne de chemin de fer entre les localités de Bex et de Villars en passant par le village de Gryon. On l’a oublié aujourd’hui, mais les autorités délivrent simultanément une concession à un projet concurrent : une ligne de train qui se serait étendue entre Aigle, Ollon et Villars. Cette dernière prend toutefois du retard à cause de désaccords et d’hésitations sur le tracé à adopter. Pendant ce temps, le projet bellerin avance rapidement : les dés sont jetés, c’est celui-ci qui verra le jour.
Légende : Au début du XXe siècle, la gare de Bex telle qu’on la connaît encore aujourd’hui. A côté du train rutilant (et qui porte déjà l’inscription Bex–Chesières) : une calèche et une diligence, vestiges du temps d’avant la modernité. Archive photographique : Robert Pièce

1898 – LIESSE POPULAIRE
Le 20 janvier, le premier coup de pioche est donné pour construire le tronçon qui fait entrer Bex dans la modernité. Un peu plus de sept mois plus tard, le 9 septembre, la bourgade vaudoise est en liesse : c’est ce jour-là que la ligne de train reliant la gare de Bex au Bévieux est inaugurée. Cette voie revêt plusieurs utilités. Non seulement elle permet de véhiculer confortablement les clients du prestigieux Hôtel des Salines, mais elle sert également, dans l’autre sens, à livrer le précieux sel vers la gare, où il est transbordé des petites voitures aux wagons des CFF. Enfin, le train facilite l’acheminement du courrier en ville. Le jour de l’inauguration, drapeaux, guirlandes et pancartes proclament la fierté de la Cité du Sel. On peut y lire d’inoubliables slogans, tels que : « Ah qu’il est pratique notre tramway électrique ! Pour nous promener sans secousses, il ne prend que deux sous à nos bourses ! »
Légende: Lors de la fête de l’ouverture de la ligne, la pancarte dit : « Ah qu’il est pratique notre tramway électrique ! Pour nous promener sans secousses, il ne prend que deux sous à nos bourses ! » Ce premier tronçon entre la gare et le Bévieux permettait d’assurer le transport de clients des hôtels, notamment ceux du prestigieux Hôtel des Salines. Archive photographique : Robert Pièce

1900 – LE TRAIN ATTEINT GRYON
Deux ans tout juste après l’ouverture de la ligne Bex-Bévieux, le train s’élance à l’assaut de la montagne. Pour gravir la pente jusqu’au village de Gryon (cotée à 195 pour mille à la hauteur de l’usine de Sublin, dont l’électricité alimente d’ailleurs la ligne), l’usage de la crémaillère s’impose. Des photographies d’époque montrent d’ailleurs l’impressionnant attelage de huit chevaux qui est nécessaire au transfert de la toute première locomotive à crémaillère vers le Bévieux pour l’ouverture de cette section, le 4 juin 1900. Depuis la gare, le tramway tire d’abord les wagons jusqu’au Bévieux, puis la nouvelle locomotive prend le relais pour les pousser vers Gryon, à l’ébouriffante vitesse de 9 km/h !
Légende: Huit chevaux patientent sur l’avenue de la Gare de Bex, longtemps avant qu’elle ne soit goudronnée. Ils s’apprêtent à transférer la première locomotive à crémaillère jusqu’au Bévieux pour l’ouverture de cette section le 4 juin 1900. Archive photographique : Albin Bordon

1901 – ENTRE GRYON ET VILLARS, UN PONT SPECTACULAIRE
La section Gryon-Villars est ouverte à l’exploitation. Pour relier les deux villages alpins, un viaduc est construit au-dessus de la Gryonne, entre La Barboleuse et Arveyes. Construit par les équipes des Ateliers Mécaniques de Vevey, l’impressionnant ouvrage de pierre et de métal mesure 145 mètres de long et 48 mètres de haut. Considéré comme un exemple du genre, il sera remplacé en 1980 par un autre ouvrage en béton, situé plus en amont et dessinant une courbe. A l’ouverture de la ligne, le public est enthousiaste : « Nous ne connaissons pas d’autre tram à forte pente dont l’allure soit aussi douce », dit un journaliste.
Légende: Pont sur la Gryonne et BVB en 1903. Archives cantonales vaudoises PP 1096/582 © J. Amiguet

1906 – VILLARS-CHESIERES, LE TRAM DU FACTEUR
Un autre pont ferroviaire voit le jour, qui permet de relier Villars à Chesières. Ce tronçon, dont la demande de concession avait été déposée en 1905, est réalisé dans un temps record : en deux mois, le train peut circuler. Il est rapidement prisé des locaux, est utilisé aussi bien par les enfants, qui grimpent ou sautent volontiers en marche, que par le facteur qui y lance ses sacs de courrier. Trois ans plus tard, en 1909, la compagnie obtient de Berne une réponse positive à sa requête d’exploiter la ligne toute l’année.
Légende: Derrière le pont de Chesières s’étalaient de vastes pâturages avant la floraison des chalets. Archive photographique : Robert Pièce

1910 – LA GRANDE INONDATION
Dimanche 17 juillet 1910 : après une journée caniculaire, un orage cataclysmique s’abat sur le Chablais. Venu des Dents-du-Midi, les nuages avancent sur Saint-Maurice, Bex, Ollon et Aigle, déversant des trombes d’eau sur la région. « Eclairs et tonnerre faisant un bruit formidable éclataient de minutes en minutes, peut-on lire dans Le Nouvelliste. Une pluie serrée, grosse et précipitée tomba sans interruption jusqu’à minuit. Et en parlant de pluie, employons-nous encore un terme impropre, atténué. On eut dit que l’on versait de l’eau par cuves. » L’Avançon déborde, emportant non seulement plusieurs routes, mais aussi certains tronçons de voie ferrée, notamment au Bévieux. Il faudra un mois de travaux pour les remettre en état.
Légende: La crue de 1910, encore elle, envahit les voies du dépôt du Bévieux. Archive photographique : Robert Pièce

1913 – PREMIER PAS VERS LES SOMMETS
Inauguration le 18 décembre 1913 de la voie entre Villars et Bretaye, après à peine une année de travaux. Si la ligne est directement électrifiée, une locomotive à vapeur – achetée à la compagnie exploitant l’Aigle-Leysin – est utilisée lors de la construction des voies. On parle de Villars – Bretaye, mais il serait plus juste de parler de Villars – Les Bouquetins : c’est là que s’arrête le train, tandis que touristes, skieurs et patineurs doivent parcourir à pied le chemin qui les sépare du col. Le déclenchement de la Première Guerre mondiale mettra un coup d’arrêt à l’avancée de la voie, et il faudra attendre plus de 20 ans pour que la ligne atteigne Bretaye.
Légende: La locomotive à vapeur achetée à l’Aigle–Leysin afin de réaliser les travaux de la construction de la ligne. Archive photographique : Gérald Hadorn

1930 – L’ESSOR DU TOURISME
A Villars, le tourisme se développe dès le début du siècle, et connaît un essor fulgurant dans les années 1930. On y vient de toute l’Europe pour profiter de l’air alpin et pratiquer les sports d’hiver ou le golf – celui de Villars ouvre en 1922. Conséquence directe de cette évolution, le BVB est pris d’assaut par les nombreux touristes, pour lesquels il constitue un moyen de transport moderne et confortable. Parmi eux, de nombreux Anglais, qui viennent passer plusieurs semaines dans la station, et emportent de volumineuses malles. Le BVB est alors exploité à un rythme saisonnier, du 15 mai au 15 septembre et du 15 décembre au 15 février.
Légende: Un groupe d’amateurs de neige au départ pour Bretaye. Prise en 1928, à la fin des années folles, cette image montre la clientèle huppée qui séjournait à Villars-sur-Ollon. Celle-ci pouvait profiter du train jusqu’aux Bouquetins. En effet, malgré l’opposition rencontrée, l’Assemblée fédérale avait avalisé la demande de prolongement. Dès lors, le chantier s’était ouvert et la ligne avait été inaugurée le 18 décembre 1913. Le projet prévoyait de gravir le Chamossaire, mais la Première Guerre mondiale lui a donné un coup fatal. Il fallut attendre 1938 pour que la ligne atteigne le col de Bretaye. Archive photographique : Gérald Hadorn

1931 – LES BOUQUETINS
Un parc destiné à accueillir une dizaine de bouquetins, pour le plaisir des touristes et des randonneurs, est installé à deux pas de l’arrêt qui portera le même nom. L’initiative serait à mettre au crédit du professeur Ernest Wilczek. Pharmacien et botaniste, il est connu pour avoir rapporté de précieux herbiers de ses voyages lointains, mais aussi de ses pérégrinations dans les Alpes vaudoises. Devenu extrêmement rare dans tout l’arc alpin, le bouquetin est réintroduit dans quelques régions à partir des populations préservées côté italien. On raconte même que deux des bouquetins de Bretaye ont été offerts en grand pompe au Canton de Vaud par le chef du gouvernement italien, un certain Mussolini.
Légende: Premier terminus de Bretaye, aux Bouquetins, très peu après l’ouverture de la ligne, le 18 décembre 1913 et peu avant qu’une chute de neige massive impose sa fermeture momentanée. Archive photographique : Albin Bordon

1932 – LA MAISON MILITAIRE
Sur l’impulsion du général Henri Guisan, pose de la première pierre de la maison militaire de Bretaye. Les troupes alpines sont envoyées pour des cours d’instruction dans ce grand bâtiment aux faux airs de chalet, dont les façades de pierre sont égayées par des volets rouge et blanc. Selon les témoignages, les militaires y perfectionnent d’ailleurs surtout leurs talents de skieurs en hiver… et leur maîtrise de la pêche, en été, dans le Lac des Chavonnes tout proche.
Légende: Travaux de construction du Villars–Bretaye. Ici au col de Soud. Archive photographique : Gérald Hadorn

1938 – CAPITALE DU SKI
Le 15 juillet 1938 marque la mise en service du dernier tronçon de la ligne, menant des Bouquetins au col de Bretaye, devenu un haut lieu des sports d’hiver : suite à la fondation de la société « Télé-Skis Bretaye SA », présidée par Louis Chamorel, le premier téléski de Suisse avait été inauguré en 1936 à Chaux-Ronde, suivi par un « funi-luge », soit une grande luge tractée par un câble qui mène dès 1937 les skieurs jusqu’au Grand Chamossaire. L’arrivée du train à Bretaye constitue donc une suite logique dans le développement de ce qui devient vite l’une des principales stations de ski d’Europe. Des champions de tous pays viennent alors à Villars pour parfaire leur entraînement. Tous vantent la qualité des installations ferroviaires et sportives.
Légende: Le bout de la ligne ferroviaire. Et la fameuse luge tractée qui attirait les foules. Le train ne grimpera jamais au sommet du Chamossaire comme espéré… Coll. Ernand

1942 – UNE NOUVELLE GARE A VILLARS
L’ancien bâtiment, qui avait été construit en 1901, fait place à une nouvelle gare. Inauguré le 23 décembre 1942, l’édifice suit les codes architecturaux du chalet alpin. Il est composé d’un hall d’entrée ainsi que de deux appartements. L’un est habité par le chef de gare, l’autre par la famille du directeur de l’Office du tourisme, Henri Jakob. Au dernier étage, sous les toits, ce dernier a d’ailleurs construit une maquette reproduisant fidèlement le tronçon Villars-Bretaye. Au milieu de la gare se trouve un escalier qui permet à la clientèle de se rendre directement au Villars Palace tout en restant à l’abri par mauvais temps. La gare devient sans conteste l’attraction du village. C’est là que les touristes débarquent et que tout se passe, pour le plus grand plaisir des enfants du coin. Jouant souvent à proximité de la gare, ils aident les dames à décharger leurs valises, troquant les quelques sous reçus pour leur peine contre autant de caramels mous à l’automate qui trône dans le hall.
Légende: Gare de Villars sur la ligne de chemin de fer Bex-Villars-Bretaye avec à l’arrière-plan le grand Hôtel Villars Palace. ©Collection particulière de Jasmine Lehner, Bernex (Notre Histoire)

1943 – 1944 – LA NAISSANCE DU BVB
Durant la Seconde Guerre mondiale, on assiste à un essor significatif des transports ferroviaires dans la région, conséquence directe de la pénurie d’essence qui touche le pays. C’est durant ces années, paradoxalement fastes pour ce secteur économique, qu’intervient la fusion entre la ligne Bex-Gryon-Villars-Chesières (BGVC) et celle de Villars-Bretaye, sous le nom de Bex-Villars-Bretaye (BVB). La Société des Forces Motrices de l’Avançon, déjà exploitante des deux lignes, en devient la seule propriétaire. Pour l’anecdote, certaines nouvelles locomotives acquises en 1942 avaient été ornées un peu trop précipitamment du sigle de « BGVC », alors même que la fusion allait devenir effective quelques mois plus tard. Des dépenses inattendues ont été nécessaires lorsqu’il a fallu refaire les bons sigles.
Légende: Automotrice 91 transportant des voyageurs et portant encore le sigle BGVC: Bex-Gryon-Villars-Chesières. Archives cantonales vaudoises PP 1096/488. Photographe inconnu, entre 1930 et 1950.

1944 – LES PREMIERES AUTOMOBILES
Dans un village de Villars où les seuls moyens de transport sont le train et les calèches tirées par des chevaux, l’arrivée des premières voitures est un véritable événement. Elles ne sont pas nombreuses toutefois : on dénombre une seule automobile, celle du docteur, un camion fonctionnant au charbon de bois, et une jeep. Appartenant au Villars Palace, cette dernière est destinée presque exclusivement au transport des bagages des clients de la gare à l’hôtel. Quant au ravitaillement en carburant, il est assuré par une seule pompe à essence, située juste devant l’Office du tourisme. Autant dire que le train reste encore le seul véritable moyen de rejoindre la plaine.
Légende: Rue Centrale de Villars © Archives communales d’Ollon, non daté.
1945 – LE REVE AMERICAIN
Les enfants de l’époque en conservent un souvenir vivace : au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les troupes alliées restent quelques mois en Europe avant de repartir vers leurs pays d’origine. Plus de 300 000 GI américains sillonnent ainsi les Alpes au cours d’un périple touristico-triomphal, faisant quelques haltes dans les sites les plus remarquables. Villars en fait partie et, plusieurs fois, la flèche du BVB déverse dans la station des groupes de soldats en grand uniforme. Ils sont assaillis par les marmots qui les guettent de loin et auxquels ils distribuent volontiers pin’s, rubans et chewing-gums.

1961 – LA VOITURE CONTRE-ATTAQUE
Après 55 ans d’existence, le tronçon Villars-Chesières est abandonné. Les raisons ? Il y en a plusieurs : problèmes d’horaire, difficulté de garder la voie praticable en hiver et des wagons souvent vides. Surtout, l’époque est au règne de l’automobile, qui a les grâces des sphères politiques, et les diverses propositions visant à conserver la ligne sont balayées. De ce tram, remplacé par un service d’autobus, le Conseiller fédéral Jean-Pascal Delamuraz dira, mélancolique : « [Son] bêlement ininterrompu, ses coups de sonnette péremptoires, le cri de ses roues en courbe appartiennent à la musique de l’histoire. » La voie sera définitivement déferrée en 1963.
Légende: Rail et route, devant l’Hôtel des Deux Gares. Archives cantonales vaudoises PP 1096/494. © Edouard Pot, entre 1950 et 1980.
1968 – UNE GARE MODERNE
Entre 1942 et 1968, le trafic ferroviaire a triplé. Cela explique la nécessité de construire une nouvelle gare pour remplacer celle qui avait été édifiée à l’époque. Le bâtiment, qui aura coûté 1,5 million de francs, compte notamment un quai supplémentaire et une seconde salle d’attente. Lors de l’inauguration, le 18 juillet, le public se presse pour visiter la gare flambant neuve, qui abrite désormais également le bureau de Poste et plusieurs appartements. Une « fontaine artistique », offerte par les PTT, y est ajoutée.

1972 – VAINCRE LA NEIGE
Sur la ligne Villars-Bretaye, le déblaiement de la neige durant l’hiver est un enjeu de premier plan. Plus bas, en-dessus d’Arveyes, une automotrice avait déraillé en 1951, sans faire le moindre dégât, suite à la formation d’une gangue de glace sur les rails. De nombreuses méthodes sont testées au fil des ans pour régler le problème. En 1972, enfin, on achète pour 400 000 francs un chasse-neige dernier cri. La machine, dont le moteur diesel développe quelque 300 chevaux, déblaie 3200 tonnes de neige par heure et peut grimper vers les hauteurs à une vitesse atteignant 15 kilomètres par heure.
Légende: Chasse-neige de 1972 en action en 1999 dans la montée du Col de Soud. Archives cantonales vaudoises PP 1096/782. © Gérald Hadorn

1980 – ENTREE DANS LA MODERNITE
Entre La Barboleuse et Villars, un nouveau viaduc en béton, qui dessine une large courbe, remplace l’ouvrage métallique de 1901. Cette construction ambitieuse, suffisamment large pour voir cohabiter train et automobiles, s’inscrit dans une grande campagne de travaux destinés à moderniser la ligne : sur une dizaine d’années environ, on change des kilomètres de voies, on investit dans de nouveaux aiguillages à Bex, dans une nouvelle plateforme indépendante pour le train entre Gryon et La Barboleuse, dans une ligne aérienne moderne entre le Bévieux et Gryon ou encore dans une automotrice à grande puissance.
Légende: Nouveau pont sur la Gryonne, dit Pont de la Barboleusaz, sur la RC 719. Mis en chantier dès 1978, l’ouvrage fut co-financé par la Confédération, l’État de Vaud et la Société des Forces Motrices de l’Avançon, exploitante du chemin de fer. © TPC SA, 2007.

1999 – LA NAISSANCE DES TPC
Elles s’étaient déjà rapprochées au sein de la Communauté d’exploitation des Transports Publics du Chablais dès 1975, mais cette fois-ci, c’est la fusion : quatre lignes ferroviaires locales s’unissent pour donner naissance à la Compagnie des Transports Publics du Chablais (TPC). Il y a le BVB, bien sûr, mais aussi l’Aigle-Leysin (AL), l’Aigle-Sépey-Diablerets (ASD) et l’Aigle-Ollon-Monthey-Champéry (AOMC). La fusion vise à rationnaliser l’exploitation des lignes, à limiter les frais administratifs, à améliorer le confort et l’attrait pour les voyageurs ainsi que la sécurité. Par ailleurs, l’offre des TPC inclut également plusieurs lignes de bus régionales.
Légende: BVB 81 + 53 + 63 entre Col de Soud et Bouquetins (1995). Archives photographique : Gerald Hadorn

2001 – UNE NOUVELLE RAME EN SERVICE
Avec plus de 1 100 000 voyageurs par années, le BVB est la compagnie la plus prolifique au sein des TPC. Une consécration, mais aussi une grande responsabilité, qui entraîne la décision d’investir dans trois nouvelles rames. L’inauguration de ces automotrices, baptisées « Bretaye », « Barboleuse » et « Tuttlingen » et revêtues d’une belle livrée orange et rouge, au mois de décembre 2001, suscite l’enthousiasme du public.
Légende: Inauguration du BVB n° 91 à Bretaye (2001). Archive photographique : Gérald Hadorn

2022 – LA FABLE DU RENARD ET DE LA NEIGE
Mercredi 2 février 2022 : il est 15 heures lorsqu’une avalanche se déclenche en aval des Bouquetins. La coulée heurte un train en pleine descente vers Villars. L’une des rames sort des rails tandis que l’autre se couche dans la neige. Par chance, le train est vide, et le conducteur ne souffre d’aucune blessure. Sauveteurs, chiens d’avalanche, gendarmes, pompiers, hélicoptères, moniteurs de ski et personnel des TPC interviennent immédiatement et sécurisent la zone. Il faudra une semaine, des tracteurs forestiers et deux camions-grue pour hisser l’automotrice sur la voie. Quelques jours plus tard, le rapport des experts tombe: l’avalanche a été provoquée par… un renard. La pente, la neige fraîche et un peu de hasard feront le reste, heureusement sans victimes.

2027 – UN NOUVEAU PONT À LA BARBOLEUSE
Le chantier est en cours et devrait se terminer en 2027: le pont en béton qui franchit la Gryonne entre La Barboleuse et Arveyes sera complété par un ouvrage métallique de 140 mètres de long. Il permettra au train d’éviter plusieurs virages, mais aussi de séparer totalement trafic routier et ferroviaire. Tandis que l’ancien tronçon sera rendu à la nature, ce pont marquera durablement le paysage par sa silhouette élancée et sa couleur ocre, provenant d’une réaction chimique naturelle: l’oxydation d’une fine couche de métal protègera ce dernier et lui donnera sa teinte rouge orangée, le tout sans nécessiter de peinture et donc avec un impact environnemental réduit

FUTUR – PLUS DE SÉCURITÉ ET DE CONFORT
Pour offrir en permanence le meilleur service à leurs passagères et passagers, les TPC ne cessent jamais de perfectionner leurs offres et leurs lignes. Ainsi de nouveaux trains seront mis en circulation en 2028 sur la ligne du BVB. De nombreux chantiers sont également prévus pour les années à venir, à commencer par la place de la Gare de Bex, ainsi que les gares de Gryon et Barboleuse qui feront l’objet d’une grande campagne de rénovation. La sécurisation du tronçon entre Arveyes et Villars, où train, voitures et cyclistes partagent actuellement le même espace est également une grande préoccupation des TPC. Un tunnel est à l’étude et permettra de régler le problème durablement. La gare de Villars sera alors modernisée et déplacée.
Texte : Oriane Grandjean
Photos issues des archives de Gérald Hadorn, Albin Bordon, Reymond Favre, de la Collection Ernand et des Archives cantonales vaudoises.
